Cahier 52. L’Église et la chair (XIIe-XVe siècle)

Cahiers de Fanjeaux
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Présentation générale

Ce que nous appelons la sexualité était conçu au Moyen Âge, selon une anthropologie chrétienne dominante, comme l’expression par excellence de la « chair », elle-même antagoniste de l’esprit. Cause et conséquence de la Chute, perpétuation ici-bas du péché originel, « pollution » susceptible de déclencher la colère du Ciel et de compromettre le salut collectif, le sexe était tenu depuis l’Antiquité tardive et les écrits des Pères de l’Église pour intrinsèquement mauvais, tout « commerce charnel » étant nécessairement soumis au contrôle ecclésiastique. À partir du XIIe siècle cependant, en lien avec la puissance nouvelle du laïcat, le plaisir charnel bénéficia d’une certaine valorisation, quoique sous condition, de la part de la théologie morale.
Ce 52e Cahier aborde sous l’angle des pratiques aussi bien que des discours une matière un peu délaissée ces derniers temps dans l’historiographie française. Dans le Midi comme ailleurs, hantise de la luxure (en particulier de l’adultère) et souci de la « continence », dans le cadre du mariage ou de la chasteté imposée aux hommes d’Église, ordonnaient la vie sociale avec une efficacité toute relative. Une certaine spécificité méridionale tint sans doute aux résistances que rencontra ici la grande réforme ecclésiastique lancée au XIe siècle, résistances — parfois réprimées comme hérésies — à la nouvelle discipline pastorale et au cléricalisme romain.

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