Cahier 8. Les Mendiants en Pays d'Oc au XIIIe siècle

 Présentation générale

Un des faits saillants du XIIIe siècle dans le Midi, c’est l’installation des ordres religieux dénommés mendiants. Ils apportent leur pierre aux changements profonds de ce siècle. Contrairement aux ordres qui les précèdent ils bâtissent leurs maisons en ville, au milieu des populations les plus pauvres et besogneuses, dont ils partagent le mode de vie aléatoire par la quête de leur subsistance. Au travail manuel et à l’office divin célébré avec éclat par les bénédictins et les cisterciens retirés sur leurs grandes propriétés, ils substituent un ministère continu auprès des populations des villes essentiellement par une prédication intensive qui prend l’importance d’une liturgie et qui s’attache à valoriser tous les aspects de la vie et de l’activité humaine. En effet ils font l’effort pour s’adapter à toutes les réalités du moment. Ce faisant, grâce à une spiritualité qui rapproche Dieu des humains par la méditation des souffrances du Christ dans sa Passion et grâce à leur compréhension pratique de tous les problèmes humains, ils pousseront les cités et leurs habitants à aller de l’avant résolument Les ordres mendiants furent nombreux, très tôt l’église, par le Concile de Lyon en 1274, limita leur nombre et imposa des fusions et regroupements. Les plus connus encore de nos jours furent les Dominicains - ou Jacobins - fondés par saint Dominique assez vite après Prouilhe en 1206, les Franciscains venus d’Italie : ils sont à Narbonne dès 1228 (peut-être à Mirepoix en I220), les Augustins sont présents à Narbonne encore en 1256 où s’installent en 1261 les Carmes.

Liés au sort des villes ils en subissent le sort : le franciscains carcassonnais Bernard Délicieux est l’âme de la ville basse soulevée, il meurt enfermé à vie dans la prison de la Mure. De leur côté les Dominicains remplirent sans discontinuer le rôle d’inquisiteurs, ce qui leur attirait la rancune des populations du Midi et les saccages comme représailles de leur couvent. Leur action fut encore plus grande pour former les futurs cadres de pays grâce à leur enseignement dans les universités. Toute une pépinière de légistes, par exemple, va sortir de leurs mains et ce ne fut pas peu de chose que de trouver ces derniers auprès du roi de France dont ils étaient les conseillés les plus écoutés. Enfin commerçants et bourgeois reçurent d’eux les meilleurs encouragements compréhensifs. Au gré des années et des événements des générations de saints vont également vivre dans leurs couvents peuplés de méridionaux généreux. Ils entraîneront par leur spiritualité joyeuse, humble et humaine leurs compatriotes sur les chemins de la vie quotidienne. Moins nombreux aujourd’hui leurs couvents subsistent en assez grand nombre. Ils présentent un type d’architecture assez dépouillé très caractéristique. Les églises rurales en grand nombre copieront leurs chapelles.

 

 Sommaire

I. LES QUATRES ORDRES MAJEURS

  • Ribaucourt, Colette, Les mendiants du Midi d'après la cartographie de l'enquête, pp. 25-33.
  • Vicaire, Marie-Humbert, Le développement de la province dominicaine de Provence, pp. 36-77.
  • Durieux, François-Régis, Approches de l'histoire franciscaine du Languedoc au XIIIe siècle, pp. 79-100.
  • Lesur, Sabine, Le couvent des Grands-Carmes de Toulouse au XIIIe siècle, pp. 101-110.
  • Ypma, Eelcko, Les études des Augustins et leur installation dans le Midi, pp. 111-131.
  • Le Goff, Jacques, France du Nord et France du Midi dans l’implantation des ordres Mendiants au XIIIe siècle (résumé), pp. 133-140.

II. EXTENSION ET LIMITES DU MOUVEMENT MENDIANT

  • Cazenave, Annie, Les ordres mendiants dans l'Aude et l'Ariège, pp. 143-176.
  • Baratier, Edouard, Le mouvement mendiant à Marseille, pp. 177-191.
  • De Fontette, Micheline, Les Mendiants supprimés au 2e concile de Lyon (1274). Frères Sachets et frères Pies, pp. 193-216.
  • Bocquet, Agathange, Les clarisses méridionales, pp.217-224.
  • Vinas, J., Les premières religieuses du monastère Sainte-Claire de Béziers (1259-1512), pp. 225-231.
  • Coulet, Noël, Un couvent royal : les Dominicaines de N-D de Nazareth d'Aix au XIIIe siècle, pp. 233-262.
  • Dossat, Yves, Opposition des anciens ordres à l'installation des Mendiants, pp. 262-306.

III. INSPIRATIONS ET MINISTÈRES

  • Amargier, Paul, Robert d'Uzès. Le livre des paroles, pp. 309-320.
  • Carozzi, Claude, Le ministère de la confession chez les Prêcheurs de Provence, pp. 321-354.
  • Manselli, Raoul, Divergences parmi les Mineurs d'Italie et de France méridionale, pp. 355-373.
  • Paul, Jacques, Évangélisme et Franciscanisme chez Louis d'Anjou, pp. 376-401.
  • Dossat, Yves, De Vaudès à Saint-François à Montauban, pp. 403-413.
  • Manselli, Raoul, Conclusion, pp. 415-421.

Informations supplémentaires