Vie privée et réussite sociale dans l'aristocratie juive et néophyte aixoise à la Fin du Moyen Âge

CAROZZI Claude, « Familia-domus : étude sémantique et historique ». In Famille et parenté dans la vie religieuse du Midi , Toulouse, Privat, 2008, pp. 15-30 (Cahiers de Fanjeaux 43).

Un acte relatif à la séparation de biens et de corps enregistré chez notaire en février 1496 par la néophyte Catherine Sicolesse et son troisième époux, le juriste Etienne Jean de Saint-Flour installé à Aix. vient heureusement compléter une documentation réunie dans Juifs et Néophytes en Provence (1469-1525), Paris-Louvain : Peeters, 2001, et lever quelques points d'interrogation. En effet, née au sein d'une véritable « aristocratie » juive médicale de Draguignan, cette nouvelle chrétienne qui se marie trois fois consécutives dans la capitale du Comté de Provence avait eu à moment donné un comportement singulier, entretenant une union libre (plus ou moins tue aux notaires selon les actes) qui soulevait des questions. Cette communication s'attardera aussi sur le destin hors du commun de son premier mari juif, l'aixois Bonet de Lattes, dont les archives locales racontent une ascension sociale nullement entamée par la conversion si prompte de Régine, la future neofita Catherine : devenu médecin en 1474, puis dirigeant communautaire en 1476, on le voit représenter son groupe en temps de crise, après les émeutes rhodaniennes des années 1484-87. Quittant la Provence avant la montée des périls, cette autre « rupture » le projette en Italie de 1490 à 1515 : d'abord à Pise, puis à Rome, où il sera le praticien de papes et l'auteur connu et apprécié par les savants contemporains chrétiens de travaux astronomiques promis à la postérité.