L'hérésie médiévale dans l'oeuvre de Guillaume Besse (1645-1661). Erudition locale, ambition parisienne, désastre final

Cahiers de Fanjeaux

Zerner-Chardavoine Monique, L'hérésie médiévale dans l'oeuvre de Guillaume Besse (1645-1661). Erudition locale, ambition parisienne, désastre final. In Historiens modernes et Moyen Âge méridional, pp. 419-437 (Cahier de Fanjeaux 49).

Résumé de l'auteur

Guillaume Besse est l’auteur de trois livres : l'Histoire des Antiquitez et Comtes de Carcassonne (Carcassonne, 1645), l'Histoire des Ducs de Narbonne (Paris, 1660) dédiée à François Fouquet archevêque de Narbonne et le Recueil de diverses pièces servant à l'Histoire du Roy Charles VI (Paris, 1660) dédié à Nicolas Fouquet le célèbre surintendant de Louis XIV. Il est aussi l’auteur d’un texte qui n’a pas été imprimé, qui concerne directement le thème de ce 49e colloque de Fanjeaux, une Dissertation sur la différence des Hérétiques surnommés du pays d'Albigeois dédiée à l’archevêque de Toulouse, dont le manuscrit inachevé a été retrouvé récemment dans les papiers de Baluze. La thèse de Besse est que ces hérétiques albigeois étaient divisés en quatre branches : manichéens, ariens, vaudois et bonshommes autrement appelés cathares. En combinant les auteurs modernes, principalement Guillaume Catel avec son Histoire des comtes de Toulouse (1624), les chroniqueurs médiévaux, spécialement Pierre des Vaux-de-Cemay et Guillaume de Puylaurens, et le volume de la Bibliothèque des Pères qui rassemble pour la première fois un certain nombre de polémiques antihérétiques médiévales, Besse compose sur ce sujet seize chapitres, soixante pages au total, d’une pertinence très inégale. Il y ajoute autant de pages pour les « preuves », mais certaines sont restées blanches. En premier lieu est présenté le travail de Besse, d’une façon forcément superficielle. En second lieu, les liens de Besse avec le jeune Baluze, encore étudiant à Toulouse, puis avec l’archevêque Pierre de Marca dont Baluze devient le secrétaire (tous deux à Paris à partir de 1656) et avec des parlementaires collectionneurs d’archives. On peut voir la dissertation comme un premier jet resté sans suite, soit que Besse était incapable de faire mieux, soit que la chute de Fouquet lui avait ôté tout espoir de se faire reconnaître, très probablement pour les deux raisons. Quoi qu’il en soit, l’approche de Besse devrait être comparée à celle de Bossuet trente ans plus tard, dans son Histoire des Variations des églises protestantes.

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