L'albigéisme chez les juristes méridionaux de l'époque moderne

Cahiers de Fanjeaux

Dounot Cyrille, L'albigéisme chez les juristes méridionaux de l'époque moderne. In Historiens modernes et Moyen Âge méridional, pp. 367-394 (Cahier de Fanjeaux 49).

Résumé de l'auteur

Les juristes méridionaux de l’époque moderne traitent peu de la Croisade des albigeois. Outre ceux qui ne s’y intéressent pas du tout, ceux qui abordent la question le font seulement d’une manière historique. Le phénomène albigeois est appréhendé principalement d’après les sources publiées (Camusat en 1615, Catel en 1623), et non d’après les textes juridiques dus à Innocent III. De Jean Nicolas d’Arles, auteur d’un Tractatus aureus de haereticis en 1536, à Jean-Baptiste Furgole, auteur d’un Traité de la seigneurie féodale et du franc-alleu en 1767, les juristes du Midi ont eu une approche utilitaire de l’hérésie et de sa répression, qui ne diffère pas de celle des juristes septentrionaux. Le phénomène hérétique médiéval n’occupe pas une place déterminante dans les œuvres des méridionaux, canonistes comme arrêtistes, relégué au rang d’exemple parmi d’autres. Le seul point de divergence est la querelle du franc-alleu, réveillée au début du XVIIe siècle. Les feudistes interprètent en sens opposés les Statuts de Pamiers, faisant application de la coutume de Paris au pays d’Albigeois. Pour les uns il s’agit d’un fait passé, sans postérité et limité à la dévolution des fiefs. Pour les autres, c’est une continuité historico-juridique constitutive d’une exception au droit écrit, valant pour toutes les terres. Les criminalistes, par exception, ne traitent jamais de la procédure inquisitoire de cette époque.

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