Le domaine de l'apôtre. Droit de saint Pierre et cens de l'Eglise romaine dans les provinces d'Aix, Arles et Narbonne (milieu XIe-fin XIIe siècle)

Cahiers de Fanjeaux

Delivré Fabrice, Le domaine de l'apôtre. Droit de saint Pierre et cens de l'Eglise romaine dans les provinces d'Aix, Arles et Narbonne (milieu XIe-fin XIIe siècle) . In La réforme "grégorienne" dans le Midi, pp. 447-494 (Cahier de Fanjeaux 48).

Résumé de l'auteur

Abordant un aspect particulier de la réforme grégorienne en Languedoc et en Provence, la présente contribution traite du lien spécial qui unit la papauté et ceux qui appartiennent au droit de saint Pierre et/ou qui doivent le cens à l'Église romaine, en vertu de la protection apostolique. Consacrée aux « cartulaires » de la Curie, la première section fait ressortir la relation étroite entre la nature de la documentation et les nouvelles orientations ecclésiologiques. Elle étudie le processus selon lequel des communautés ecclésiastiques et des seigneurs séculiers ont trouvé bon accueil dans la collection canonique de Deusdedit (1086-1087) (Livre III, chapitres 149- 159), les Digesta d'Albinus (1188-1189 ?) (Livre X) et le Liber censuum du camérier Cencius ( 1192), illustrant la façon dont l'élaboration de listes l'a emporté sur la compilation de blocs textuels pour exprimer les prétentions universelles de l'Ecclesia romana. La deuxième partie de l'article porte sur les différents profils qui doivent être distingués parmi les protégés de saint Pierre et de l'Église romaine. Au-delà des traditions locales qui soutiennent que des monastères ont été donnés au prince des apôtres dès leur fondation, les logiques de la réforme ecclésiastique, des voyages pontificaux et des structures féodales y sont examinées en détail. La section finale s'attarde sur les formules des lettres et des privilèges émanés de la chancellerie pontificale. Elle envisage les conceptions changeantes de la libertas invoquée et les dynamiques de la transformation du cens, lorsque l'offrande à l'autel de saint Pierre se mue en une taxe payée au Palais du Latran et, plus tard, aux papes et à leurs successeurs, et explore les recoupements autant que les distorsions entre la liberté, la protection et l'exemption, qui reflètent la forte insistance mise sur les préoccupations juridictionnelles à partir du pontificat d'Alexandre III (1159-1181).

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