L'archevêque et les communautés canoniales en Bordelais à l'époque de la réforme grégorienne (1079-1145)

Cahiers de Fanjeaux

Boutoulle Frédéric, L'archevêque et les communautés canoniales en Bordelais à l'époque de la réforme grégorienne (1079-1145). In La réforme "grégorienne" dans le Midi, pp. 393-418 (Cahier de Fanjeaux 48).

Résumé de l'auteur

C'est par la tenue de deux conciles sous la présidence des légats Amat d'Oloron et Hugues de Die, organisés successivement à Bordeaux en octobre 1079 et en octobre 1080, qu'est introduite la réforme grégorienne en Bordelais. Même si on la réduit souvent à cela, la réforme en Bordelais ne se résume pas à la fondation de l'abbaye bénédictine de La Sauve Majeure, le 28 octobre 1079, et aux privilèges qu'elle obtient aussitôt (exemption, immunité, rattachement à Rome). Moins connues, les fondations de communautés canoniales à Saint-Émilion ou à Comprian illustrent pourtant sur le long terme le rôle des archevêques de Bordeaux dans leur diocèse, Josselin de Parthenay (1059-1086), Amat d'Oloron (1089-1101), Arnaud Géraud de Cabanac (1103-1131) et Geoffroy du Loroux (1135- 1158). Du point de vue de l'archevêque cet ensemble de fondations canoniales s'inscrit assez bien dans une politique de contrôle de points d'appui épiscopaux à l'échelle du diocèse, sur les principales routes et points de franchissement, aux côtés d'anciens monastères épiscopaux (comme Saint- Romain de Blaye, Saint-Seurin de Bordeaux, peut-être Saint-Vincent de Bourg) et d'agglomérations monastiques situées sur la voie littorale où le prélat dispose d'importants droits seigneuriaux (Soulac, Mimizan). Le cas de Saint-Emilion, également situé à vue d'un point de franchissement sur la Dordogne, illustre les enjeux sous-jacents et les difficultés rencontrées par les réformateurs vis-à-vis des pouvoirs en place. Le retournement du vicomte de Castillon met en échec le projet de Josselin de Parthenay, pourtant de tonalité très grégorienne avec le réquisitoire qu'il développe contre les investitures laïques et la simonie ; son successeur Arnaud Géraud de Cabanac a plus de succès, en introduisant la règle de saint Augustin et en nommant un abbé venu de l'abbaye de Lesterps.

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