Aristocratie, église et religion au village en Provence (XIe-XIVe siècle)

Cahiers de Fanjeaux

Mazel Florian, Aristocratie, église et religion au village en Provence (XIe-XIVe siècle). In L'Eglise au village. Lieux, formes et enjeux des pratiques religieuses, pp. 163-210 (Cahier de Fanjeaux 40).

Résumé de l'auteur

L'aristocratie provençale joue, dès la fin du Xe siècle, un rôle majeur dans l'essor du castrum et la recomposition du tissu ecclésial. Mais ce n'est qu'à partir de la fin du XIIe siècle, au moment de la véritable naissance du village castrai et de l'implantation résidentielle des grands lignages, que l'on peut observer un véritable investissement religieux de la part de l'aristocratie au castrum. Les formes de la religion aristocratique présentent alors deux aspects. D'un côté, l'apparition de chapelles seigneuriales assumant souvent la fonction de sanctuaires funéraires, la présence de chapelains ou de confesseurs privilégiés et le témoignage des textes hagiographiques laissent deviner l'émergence d'une piété domestique, centrée sur la maisonnée seigneuriale et articulée sur des pratiques propres, qui distingue et sépare les maîtres du château du reste de la communauté castrale. D'un autre côté, la religion aristocratique se fait aussi publique et démonstrative à l'occasion des grands rituels de passage que sont le baptême, le mariage et surtout les funérailles, qui sont aussi, pour la plupart, des moments où se joue la transmission du pouvoir. Ce caractère biface renvoie à des rythmes et à des moments différents de la vie religieuse et sociale des seigneurs et des communautés castrales, mais il renvoie surtout à des réalités sociales locales différentes, l'émergence d'une piété domestique propre au groupe seigneurial n'étant en réalité le fait que des familles de la haute aristocratie à partir des années 1230-1250.

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