La Pénitencerie pontificale en Avignon (XIVe siècle) ou la justice des âmes comme style de gouvernement

Cahiers de Fanjeaux

Fossier Arnaud, La Pénitencerie pontificale en Avignon (XIVe siècle) ou la justice des âmes comme style de gouvernement. In Les justices d'Eglise dans le Midi (XIe-XVe siècle), pp. 199-239 (Cahier de Fanjeaux 42).

Résumé de l'auteur

Juridiction et justices d'un pouvoir comme le papauté, qui se veut universel au moins depuis la réforme grégorienne, et dont les ambitions théocratiques se confirment sous Alexandre III puis Innocent III, ne manquent pas d'agiter les médiévistes, en particulier français, italiens et allemands. Un des organes judiciaires de l'État pontifical notamment fait l'objet d'un regain d'intérêt depuis une vingtaine d'années (date d'ouverture de ses archives): la Pénitencerie Apostolique. Mais si les suppliques du XVe siècle sont étudiées dans le cadre d'enquêtes sérielles, peu d'historiens s'intéressent à la période avignonnaise et aux aspects juridictionnels du dit office. Nous pouvons pourtant voir dans ce « tribunal sacramentel » l'apothéose du droit de réserve pontifical, qu'imitent d'ailleurs les justices diocésaines (du Midi en particulier), mais aussi la troublante confusion des fors pénitentiel et judiciaire. Au travers des formulaires (compilations de modèles de lettres) de la Pénitencerie des XIII-XIVe siècles, on devine l'émergence d'une justice administrative fondée sur la grâce. La Pénitencerie vise à enrayer le scandalum au sein de l'Église, mais aussi à assurer le salut des âmes, n'accordant finalement le pardon papal qu'à condition que pénitence soit faite. Ce double objectif définit la « gouvernementalité » propre de l'État pontifical avignonnais.

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