Familles universitaires méridionales (XIIIe-XVe siècles

Cahiers de Fanjeaux

Verger Jacques, Familles universitaires méridionales (XIIIe-XVe siècles. In Famille et parenté dans la vie religieuse du Midi, pp. 315-327 (Cahier de Fanjeaux 43).

Résumé de l'auteur

L'université médiévale est traditionnellement considérée comme une institution plutôt « individualiste », arrachant ses membres aux structures familiales traditionnelles pour les confronter à la fois au défi de la réussite individuelle et aux solidarités nouvelles nées du statut universitaire et de la vie en commun « aux études ». Ces constatations se vérifient dans le Midi comme ailleurs et les statuts des universités méridionales n'indiquent pratiquement jamais que la situation familiale des maîtres ou étudiants ou leurs liens de parenté soient pris en compte (sinon, dans une certaine mesure, pour les nobles ou les enfants illégitimes). On constate cependant aisément que la majorité des étudiants ne perdait pas tout contact avec leur milieu familial et continuait à compter sur l'aide financière ou les patronages que celui-ci pouvait leur apporter. Certains collèges étaient d'ailleurs des fondations familiales, restant sous le contrôle d'une famille donnée et facilitant les études de ses membres. D'autre part, l'analyse des populations étudiantes et des listes de professeurs, lorsqu'elle est possible, fait apparaître la fréquence des groupes familiaux (frères ou cousins étudiant ensemble, fils ou neveux succédant à leur père ou oncle). Ces groupes étaient cependant restreints, on les suit rarement sur plus de deux ou trois générations et, de toute façon, la pratique des études ne concernait jamais que certains membres d'une même famille.Au total, il ne semble donc pas qu'il y ait eu dans le Midi de véritables familles universitaires, mais plutôt des stratégies familiales complexes dans lesquelles les études pouvaient trouver une place, à côté d'autres types de trajectoires.

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