Une abbaye chef d'ordre face à deux cités : les chanoines réguliers de Saint-Ruf à Avignon et Valence

Cahiers de Fanjeaux

Veyrenche Yannick, Une abbaye chef d'ordre face à deux cités : les chanoines réguliers de Saint-Ruf à Avignon et Valence. In Moines et religieux dans la ville (XIIe-XVe siècle), pp. 79-106 (Cahier de Fanjeaux 44).

Résumé de l'auteur

L'abbaye de Saint-Ruf, une des premières fondations canoniales à mettre en œuvre la réforme du clergé voulue par Hildebrand/Grégoire VII, constitue un terrain d'investigations exemplaire pour évaluer la place prise par les chanoines réguliers dans la société et l'économie urbaines. Le premier siècle de Saint-Ruf à Avignon est marqué par des relations d'hostilité entre le chef d'ordre constitué autour d'une abbatiola suburbaine et la cité, en particulier le chapitre cathédral. Cette crise ouverte dès la fin du XIe siècle se conclut par le transfert de l'abbaye de Saint-Ruf vers Valence, une autre cité épiscopale, dans les années 1150. Jusqu'à la fin du XIIIe siècle, l'économie du nouveau chef d'ordre, situé lui aussi hors les murs de la cité, emprunte beaucoup au « modèle » cistercien (granges, vignes, troupeaux, utilisation de la force motrice des canaux). Les activités hospitalières, les liens avec les évêques, la possession d'une obédience intra muros (Saint-James) rattachent Saint-Ruf à la ville, mais l'abbaye ne prend pas part à son encadrement paroissial. Progressivement, les liens avec les bourgeois se renforcent et le passage à une économie canoniale plus « rentière », après une vague d'accensements, accentue la participation des chanoines réguliers à l'économie urbaine. Le repli du couvent dans le prieure urbain de Saint-James à la fin du XIVe siècle ne permet toutefois pas de parler d'inurbamento dans la mesure où il s'agit d'une solution provisoire motivée par des troubles, adoptée par un couvent généralement jaloux de son autonomie à l'égard des pouvoirs urbains.

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