Le Beatus de Saint-Sever. Contexte historique et iconographique

Cahiers de Fanjeaux

Klein Peter K. , Le Beatus de Saint-Sever. Contexte historique et iconographique. In Culture religieuse méridionale. Les manuscrits et leur contexte artistique, pp. 13-36 (Cahier de Fanjeaux 51).

Résumé de l'auteur

Le Beatus de Saint-Sever (Paris, BnF, lat. 8878) est certainement le plus impressionnant et le plus fascinant de tous les manuscrits du commentaire sur l'Apocalypse de Beatus de Liébana. Écrit et illustré au monastère gascon de Saint-Sever sous l'abbatiat de Grégoire Montaner (1028-1072), ce fameux manuscrit est unique par différents aspects. Il est un des rares Beatus non espagnols et le seul d'origine française. Il se distingue surtout par les innovations et la singularité de son iconographie comme par le réalisme précoce et l'extraordinaire qualité de son style. Si ces faits sont bien connus, on s'est rarement interrogé sur les raisons historiques d'une telle singularité. D'abord, l'origine d'un texte - dont la circulation était presque exclusivement limitée à l'Espagne - dans le monastère gascon de Saint-Sever s'explique certes par les relations étroites nouées entre le royaume de Navarre et les princes de Gascogne, mais sans doute surtout par l'usage de la liturgie gasconne qui, à cette époque, ressemblait beaucoup à la liturgie espagnole. Cet aspect est essentiel car à partir du milieu du Xe siècle les manuscrits du Beatus paraissent avoir été destinés avant tout aux lectures liturgiques du temps de Pâques. En outre, dans la confection du codex de Saint-Sever, les scribes et les peintres ont utilisé deux modèles différents : d'un côté, un manuscrit de la première édition de 776, avec un texte correct mais une illustration plutôt modeste; de l'autre, un Beatus dans la version posthume du Xe siècle, avec un texte corrompu mais une illustration plus ample et beaucoup plus riche. La confrontation avec ces deux modèles et l'intention de les combiner dans les images du codex de Saint-Sever semblent avoir stimulé la créativité des peintres et conduit à une transformation considérable de l'iconographie et de la mise en page traditionnelles des Beatus. Cette conjonction de facteurs laisse supposer que l'abbé Montaner - personnalité puissante et ambitieuse - voulait surpasser les manuscrits espagnols du Beatus par la richesse iconographique et artistique, à l'image de la construction contemporaine de la nouvelle abbatiale de Saint-Sever qui, en importance, ne le céda qu'à Saint-Sernin de Toulouse.

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