Hérésie, ordre spatial et imago mundi dans les Otia imperialia de Gervais de Tilbury (années 1210-1215)

Cahiers de Fanjeaux

Brunn Uwe, Hérésie, ordre spatial et imago mundi dans les Otia imperialia de Gervais de Tilbury (années 1210-1215). In Lieux sacrés et espace ecclésial (IXe-XVe siècle), pp. 421-464 (Cahier de Fanjeaux 46).

Résumé de l'auteur

La vie de Gervais de Tilbury est marquée par le spectre de l'hérésie dualiste. Encore jeune clerc auprès de l'archevêque de Reims, Guillaume aux Blanches Mains, il déclenche une affaire retentissante qui se solde par la mise sur le bûcher d'une jeune fille de la secte des « publicains ». Devenu juge de l'archevêque d'Arles, puis maréchal impérial, sa carrière de juriste se déroule en Arles, ville durement touchée par la Croisade albigeoise. Avec les Otia imperialia, Gervais de Tilbury offre à la contemplation de l'empereur Otton IV une Summa cosmologique fondée sur un riche argumentaire néoplatonicien employé en faveur du monisme ontologique. Livre monde, cette œuvre épouse les formes de l'espace qu'elle décrit. Sa première partie est ainsi consacrée au mundus selon sa nature, à l'idée monde, à l'Un, au Créateur : c'est un traité sur la dévolution du pouvoir divin dont Gervais défend l'unité absolue face à un double problème, le dualisme hérétique et la dualité des pouvoirs suprêmes, pape et empereur. La deuxième partie décrit le monde selon ses apparences, comme un enchevêtrement de multiples ordres et structures émanant du principe unique. L'orbis terrae est conçu comme un espace de domination dont le centre structurel est la ville pontificale, Rome. L'autorité du pape rayonne de l'Urbs vers l'orbis. Les Otia imperialia invitent à contempler un ordo spatial pontifical. La troisième partie, enfin, célèbre les interventions merveilleuses du principe unique dans ce monde multiple. Les mirabilia, compris comme signatures de la volonté divine unique dans le monde multiple, doivent être lus et contemplés. Gervais met en scène une nature dispensant des exempla au service de la foi. Dans l'ensemble, les Otia imperialia constituent une œuvre visuelle. Gervais la conçoit comme imago mundi ou mappa mundi textuelle. Il invite le lecteur à s'élever du monde en toutes lettres à l'image monde, du support en parchemin, matériel, au mundus archetypus, spirituel, suggérant ainsi d'emprunter une voie valorisée dans la théorie de l'image du XIIe siècle, toutefois impossible à parcourir dans un monde dualiste fondé sur la stricte séparation de la matière et de l'esprit.

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